La Ville de Lille a célébré le 35e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, ce dimanche.

En 2021, le conseil municipal de Lille adoptait le nom ukrainien « Kharkiv », plutôt que la forme russe « Kharkov », pour désigner la ville avec laquelle la capitale des Flandres est jumelée depuis 1978. C’est donc au « pont de Kharkiv », ce dimanche 23 août, avec un jour d’avance sur le calendrier officiel, que la Ville a célébré le 35e anniversaire de la proclamation de l’indépendance de l’Ukraine. Quelque 200 personnes ont assisté à la cérémonie.
« Kharkiv, ville martyre »
« Cette date devrait être jour de fête. Pourtant, pour la 5e année consécutive, nous la célébrons alors que cette indépendance et cette liberté sont directement menacées par la guerre d’agression menée par la Russie », a déploré Stéphane Baly, premier adjoint au maire de Lille, en présence notamment de Jean-Gabriel Delacroy, secrétaire général pour les affaires régionales de la préfecture des Hauts-de-France, et de Martine Aubry (ex-maire PS de Lille). Et l’élu (Les Écologistes) de rappeler que « Lille a fait dès 2022 le choix d’agir et de tendre la main à sa ville sœur ukrainienne ». Il s’est d’emblée traduit par « l’accueil d’un millier de réfugiés, puis l’acheminement de médicaments et de fournitures scolaires dans les écoles souterraines de Kharkiv, ville martyre qui paie un lourd tribut à la guerre. Le 9 août encore, une frappe russe sur des immeubles d’habitation a fait trois morts et plusieurs blessés. Quelques jours plus tard, le 18 août, dix personnes étaient tuées dans la banlieue de Kharkiv. Ces drames nous rappellent brutalement ce que vivent tous les jours les habitants de notre ville sœur ».
Solidarité tous azimuts
Évoquant les « séjours de répit » offerts, en août à Lille et à Liévin, à 120 enfants et adolescents originaires de Kharkiv et Kyiv (Kiev), Étienne Mourmant a encouragé ses hôtes à multiplier les actions de solidarité en direction de ce pays dévasté par une guerre entamée dès 2014. Et le consul honoraire d’Ukraine pour les Hauts-de-France de citer l’exemple de Solidarité Ukraine (Saint-Omer) et de la CCI Hauts-de-France. Ces deux structures s’apprêtent « à envoyer des ordinateurs à des jeunes ukrainiens qui sont en train de perdre des années d’études. C’est un premier pas dans la reconstruction future », espère-t-il.
De la culture à l’humanitaire
Cofondatrice et présidente de Portail de l’Ukraine, implantée depuis 2014 dans la métropole lilloise, Iryna Lampeka a également pris la parole lors de cette cérémonie empreinte d’émotion. « Au début, la vocation de notre association était principalement culturelle, mais depuis 2022 et l’invasion massive de la Russie en Ukraine, le volet humanitaire a pris le dessus », commente la jeune femme. L’aide (denrées alimentaires non périssables, matériel paramédical, aliments pour animaux abandonnés, etc.) est envoyée dans l’ensemble du pays, jusqu’à la ligne de front. Il existerait aujourd’hui « une vingtaine d’associations actives dans le domaine de la solidarité avec l’Ukraine dans les Hauts-de-France », affirme Étienne Mourmant tout en soulignant que « la région a accueilli, dès 2022, jusqu’à 6 000 réfugiés ukrainiens. Un tiers d’entre eux (notamment ceux de l’ouest) est reparti au pays, un tiers a gagné l’Espagne, l’Allemagne ou d’autres contrées. Le dernier tiers est resté ».
Source : https://www.oisehebdo.fr/2026/08/25/lille-ukraine-solidarite/


